MONCEAU SUR OISE



L’invasion de 1914


Après la déclaration de guerre le 2 août 1914, beaucoup de régiments français se sont trouvés à combattre en Belgique. Mais les forces allemandes plus nombreuses ont obligé nos soldats à se replier. Après avoir quitté la Belgique et le Nord , les premiers Français arrivent dans l’Aisne le 26 août 1914 se repliant selon un ordre établi par le Haut Commandement en place à Marle.


Le 27 août, l’Etat-Major de la 69ème Division d’Infanterie est le premier à passer par les Trois Pigeons puis Malzy et le franchissement de l’Oise pour Proisy et Wiège-Faty.

Dans la matinée, les trois régiments de la 137ème Brigade sortent de Leschelle pour Chigny, Malzy, passent l’Oise pour Le Sourd et Wiège-Faty.

A ses côtés les quatre régiments de la 138ème Brigade quittent la région d’Esquehéries, passent à l’Ouest de Leschelle, rejoignent Villers-les-Guise et traversent Monceau-sur-Oise pour franchir l’Oise en direction de Proisy et Le Sourd.

Le soir une ligne de Front est créée avec la 53ème Division d’Infanterie, en contact avec les Anglais, installée depuis le carrefour des Trois Pigeons vers Villers-lès-Guise et le Pont de la Bussière. La 69ème Division d’Infanterie occupe avec un bataillon du 267ème Régiment d’Infanterie Monceau-sur-Oise et ses ponts. Le reste de la Division est installée sur les hauteurs de Beaurain jusqu’à Wiège-Faty.


Le 28 août 1914

Fausse alerte à 1h du matin. A 6h, l’ordre de décrocher sur Puisieux est donné car l’ennemi est déjà au contact. C’est alors qu’un officier, chef d’escadron, fait remarquer que dans l’ordre N°15 il n’est pas explicitement dit que les compagnies chargées de la défense des ponts de l’Oise à Monceau et Proisy doivent maintenir la défense de ces ponts et demande si elles ont reçues des ordres particuliers. Sur réponse négative, il demande l’envoi immédiat d’un officier pour vérifier la situation de ces compagnies. Un officier part en automobile et rencontre à Wiège-Faty puis à Monceau-sur-Oise les deux compagnies du 267ème Régiment d’Infanterie qui venaient de passer la nuit à Monceau et qui avaient été rappelées. Il leur prescrit de retourner immédiatement à leur place avec cet ordre formel : « En cas d’attaque, résister sur place jusqu’à destruction totale ».

Vers midi le canon retentit et les hordes allemandes arrivent en bordure de l’Oise. Les combats sont violents et le 267ème Régiment d’Infanterie  parvient à maintenir l’envahisseur sur place. Sur les hauteurs de Beaurain, l’artillerie française bombarde l’ennemi permettant un repli stratégique des régiments sur une ligne de Front solide. Le 267ème R.I. reçoit l’ordre de se retirer de nuit et permet à la compagnie du Génie de faire sauter les ponts de Proisy et Monceau-sur-Oise. La puissance de l’explosion est entendue jusqu’à Sains-Richaumont. Le 267ème R.I. rejoint les positions françaises emportant avec lui les cinq soldats tués dans l’engagement. Les Allemands envahissent toute la partie Nord de l’Oise depuis Guise jusqu’à Etréaupont.


Le 29 août1914

Dès le matin, les Allemands avancent sur Puisieux et Colonfaÿ par un épais brouillard qui empêche la riposte, mais un peu avant midi, le soleil perce et l’artillerie française se met en batterie. Puis ce sont les régiments du 10ème Corps d’armée Français qui s’engagent dans ce qui va devenir la Bataille de Guise. L’ennemi, plus nombreux, est bousculé et replie sur les rives Nord de l’Oise et même au-delà. Monceau est vide de l’envahisseur mais les troupes françaises ne passent pas l’Oise. La Bataille de Guise est une belle victoire française mais Saint Quentin est aux mains des Allemands et le Quartier Général Français ordonne le repli général de nos troupes vers le Laonnois.

Les Allemands passent l’Oise et l’occupation va durer quatre longues années……….


Soldats du 267ème R.I. tombés pour la défense de Monceau-sur-Oise :

Sergent Victor FRAMBOURG et les 2ème classe André CADOT, Georges DUMONT, Achille FAUQUE et Fernand TULEU. Ils étaient originaires de l’Ile-de-France et de la Picardie (Noyon), ils étaient tous âgés de 28 à 30 ans. Grâce à leur dévouement  le repli français a pu se terminer et la mise en place d’une contre-attaque se préparer dans les meilleures conditions.



Norbert QUINT, généalogiste et historien des villages de Thiérache.



             Les cuistos de la 18e compagnie du 217e R.I (Photo Patrick Larue)